Vers des buts glorieux... Par des chemins escarpés

Le blog de Per Angusta 

Per Angusta, c'est un nom étrange !

Il y a quelques mois, j'avais l'immense honneur d'être invité par Stéphane Soumier sur le plateau de BFM TV pour la matinale Good Morning Business.

L'interview, menée tambour battant par cette voix mythique du journalisme français avec laquelle j'ai grandi chaque soir sur Europe 1, se termine par une remarque inattendue ; une question qui n'a pas le temps d'être posée.

"Per Angusta, c'est un nom étrange !"

Alors Stéphane, voici des éléments de réponse.

Ad Augusta, Per Angusta

"Vers les sommets, par des chemins étroits". J'ai toujours aimé cette locution latine. Sa sonorité, son rythme. Et surtout, sa signification.

Cela peut sembler un peu galvaudé, mais on n'atteint pas le succès facilement. L'iceberg du succès

Le rapport avec les Achats ?

Lorsque j'ai pris la décision de créer mon entreprise, j'ai bien évidemement cherché un nom. J'avais besoin qu'il ait du sens.
Les développeurs disent que les deux choses les plus dures en informatique sont d'invalider le cache et de nommer les choses. Comme ils ont raison !

Alors je me suis retourné sur ma carrière d'acheteur : en presque 10 ans, nous commencions à exister en tant que fonction. Les gens nous écoutaient (généralement) et nous faisaient (plutôt) confiance.
Nous n'étions pas encore à ce supposé graal des Achats, le fameux fauteuil à la table du comité de direction, mais nous progressions vers ce but…
Et plus largement vers celui qui consiste à apporter les bonnes solutions à l'entreprise au bon prix, tout en entretenant des relations aussi harmonieuses et collaboratives que possible avec nos fournisseurs.

Notre route est droite mais la pente est forte.

Si seulement la sagesse poitevine pouvait s'appliquer aux Achats ! Las, en plus d'être escarpée, notre route est tortueuse.

Combien de combats d'arrière-garde avons-nous du mener pour expliquer qu'un appel d'offre était le meilleur (le seul ?) moyen de casser une situation oligopolistique ?
Combien de couleuvres avons-nous du avaler quand un choix manifestement sub-optimal était fait pour des raisons "politiques" ?
Combien de temps avons-nous passé à tenter de justifier des investissements (qui seraient acquis à toute autre fonction) pour la formation de nos équipes ou les outils qui nous permettent de travailler ?

Malgré toute ces difficultés, nous arrivions à avancer. Pour cela, nous faisions preuve de méthode, de rigueur et de beaucoup d'empathie. Nous expliquions sans relâche ce que nous allions faire, comment, pourquoi. Et nous rendions des comptes. En permanence.

Si cette approche a porté ces fruits, c'est parce que avions un patron Achats extraordinaire, qui mobilisait ses troupes, qui les embarquait avec lui.

Et aussi un peu parce que nous avions un outil qui mettait de l'huile dans les rouages. L'outil n'aurait rien fait tout seul, mais dans ce contexte propice, il catalysait la réaction. Il facilitait la collaboration et nous aidait à montrer notre travail sous un jour favorable, professionnel… et surtout adapté et pertinent pour chacun de nos interlocuteurs.

Cet outil, c'est ce qui allait devenir Per Angusta. Alors quand j'ai créé l'entreprise et du la baptiser, Per Angusta s'est finalement imposé comme une évidence. Ce serait l'outil qui aiderait les Directeurs Achats à gravir ces sentiers escarpés. Un peu comme le baton qui soutient le pélerin, l'outil ne sert à rien sans la force d'entrainement des équipes. Mais ensemble, ils arrivent au sommet.

Explication alternative ?

Comme dans toute bonne histoire, il peut y avoir plusieurs interprétations.

Dans Hernani (Victor Hugo), Ad Augusta, Per Angusta est le mot de passe des conjurés qui cherchent à assassiner le Roi, avant de se raviser.

De là à voir un parallèle avec les Acheteurs…


† On ignore trop souvent le point exclarrogatif dans la langue française. On ne devrait pas. https://fr.wikipedia.org/wiki/Point_exclarrogatif

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